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Prospective en Physique a été créé en 2000
par l’UFR de Physique de l’Université Joseph Fourier à destination de tous
les laboratoires du site grenoblois quelque soit leur appartenance en terme
d’établissements ou/et d’organismes (UJF, INPG, CNRS, CEA, INSERM, INSU,
ILL, ESRF, etc...). Les objectifs étaient les suivants :
1. permettre d’identifier des thèmes de recherche pour lesquels une
attention de la communauté scientifique devait se manifester,
2. déclencher des contacts, des échanges entre chercheurs dont les
spécialités sont apparemment éloignées et qui peuvent ainsi bénéficier de
liaisons transversales,
3. aider à la décision des diverses instances concernant les profils donc
les embauches de chercheurs et d’enseignants-chercheurs.
L’organisation de « Prospective en Physique »
Chaque année, la communauté des physiciens organise en quelques journées ou
demi-journées environ 25 séminaires avec débat. Chaque séminaire est limité
à 20 minutes d’exposé et 10 minutes de questions-réponses. Les séminaires
sont proposés à la totalité de la communauté. Cela signifie que
l’astrophysicien peut trouver devant lui des spécialistes de la physique
nucléaire, des semiconducteurs, de l’IRM à l’hôpital, de la mécanique des
fluides, .... Il doit donc proposer un séminaire accessible à des bons
scientifiques non spécialistes de son domaine et faire un effort de
pédagogie en dégageant les points originaux et les motivations de cette
recherche. Il n’est, par exemple, pas possible que chaque spécialiste des
supraconducteurs à haute température vienne exposer la spécificité de son
matériau : tous ceux qui travaillent sur ces sujets doivent se concerter
pour ne pas entraîner un phénomène de rejet du public, et, proposer une
vision globale du thème avec les pistes de développement sur le site,
resituées par rapport à l’état de l’art mondial.
Les deux premiers objectifs ont incontestablement été remplis. Des
résultats évident l’illustrent : la communauté des astrophysiciens et celle
des spécialistes de la physique subatomique travaillent mieux ensemble sur
des thèmes complémentaires ; les physiciens de la matière condensée déjà
poussés au travail en commun par les Instituts hors murs (Institut de la
matière condensée, Institut des nanosciences) voient leur attitude vertueuse
récompensée ; enfin citons la naissance de véritables coopérations de
recherche transversales telles « Dynamique des systèmes complexes » reconnu
depuis au niveau national et qui a déclenché la collaboration de physiciens,
mécaniciens, mathématiciens appliqués, biologistes. Très clairement,
l’exercice de « Prospective en Physique » a apporté des jonctions, des
prises de conscience de potentiels mutuels de recherche qui n’auraient pas
existé au moins si rapidement dans un autre contexte.
Quel est le résultat du troisième objectif recherché ? Un aspect
positif est oublié par beaucoup tant on s’accoutume vite à ce qui semble
acquis donc normal. Les nominations d’enseignants-chercheurs étaient souvent
l’occasion de tensions inter-laboratoires dans lesquelles la taille des
laboratoires jouaient un grand rôle. Depuis 2000, les séminaires sont
évalués dans le cadre d’une commission alimentée par les rapports signés des
spectateurs volontaires. Les arguments peuvent être mieux formulés et la
qualité de la communauté donc de l’expertise collective laisse difficilement
la place à la médiocrité. Les profils d’emplois sont définis par les UFR,
départements, Ecoles sans obligation formelle par rapport au classement
d’expertise de « Prospective en Physique ». Mais la pression qu’exerce la
reconnaissance de la communauté, dans un processus qui tend à tirer les
jugements vers le haut fait son œuvre : un bilan qui concerne 20
laboratoires montre que depuis 2000, sur
45 postes de maîtres de conférences et professeurs, 33 d’entre eux ont vu
leur profil défini dans la liste des thèmes labellisés. Pour cet objectif de
la définition des profils scientifiques des postes, quelques aspects pervers
peuvent exister :
- il est parfois intéressant de définir un profil scientifique très large
pour recruter des candidats de grandes valeurs quelque soit leur thème de
recherche. Les instances de composantes et d’établissements doivent ainsi
savoir en prendre l’initiative « hors » de Prospective en Physique,
- on doit prendre garde aux thématiques qui deviennent sous-représentées, ou
aux effets « boule de neige ».
Il est donc nécessaire, comme dans tout système de prospective de savoir
prendre du recul, analyser les résultats et rectifier en fonction des
éventuels effets pervers.
Quelles suites l’AUEG peut-elle faciliter en accord avec les
organisateurs ? Elles sont au nombre de trois :
1. La méthodologie de prospective elle-même a été présentée deux fois devant
des groupes restreints de professionnels des entreprises. Il apparaît que la
démarche elle-même, en tant que telle, intéresse : elle permet à certains
élus, chefs d’entreprise, citoyens, de prendre conscience du fait qu’il est
possible dans une communauté de recherche fondamentale d’organiser des
stratégies de prospective, de recherche de la qualité ; en clair « ces
chercheurs font ce qui les intéressent mais ils ne font pas que ce qui les
amusent » pour reprendre la conclusion d’un interlocuteur. Pour d’autres,
entendre cette description de démarche prospective donne des idées,
déclenchent des transpositions dans leur contexte d’activités. Il est donc
convenu d’organiser en 2007 des séminaires de présentation suivie d’une
discussion critique de la démarche elle-même.
2. Un important travail d’analyse de chaque séminaire, de chaque thème
labellisé a été réalisé par Olivier ISNARD et Laurent PUECH, Directeur de
l’UFR de Physique. Nous disposons:
- de la banque exhaustive des séminaires présentés lors de Prospective en
Physique en 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006 (plus de cent thèmes
différents) sous la forme d’un résumé de deux pages par thèmes. Ces résumés
peuvent être communiqués aux entreprises qui sont intéressées à l’état brut
donc accessibles à des scientifiques de niveau suffisant. Ils peuvent être
également expliqués ou commentés par les scientifiques de l’AUEG. Ainsi les
entreprises peuvent savoir qu’il existe dans tel laboratoire des experts de
niveau international sur un thème donné et la potentialité technique de
mesures extrêmes (par exemple, qui sait que la fentocalométrie, c'est-à-dire
la mesure des échanges de chaleur d’une seule cellule vivante existe au
laboratoire des très basses températures du site grenoblois ?),
- de la liste des profils d’emplois retenus concernant les thématiques ce
qui signifie que la majorité de ces thèmes ont pu se développer
potentiellement sur le site. Cette information peut, là encore, intéresser
décideurs et entreprises.
3. Le dispositif de « Prospective en Physique » s’élargit à « Prospective en
Sciences de la Matière et Ingénierie (SMING) ». Les organisateurs projettent
d’élargir les séminaires aux représentants des entreprises qui pourraient
être concernés par les thèmes d’une demi-journée telle « physique, sciences
de l’ingénieur pour la santé » ou « physique des semi-conducteurs » ou «
physique et environnement », etc….. Deux objectifs pourraient être
poursuivis. D’une part celui, à nouveau, de favoriser des contacts, des
prises de conscience des potentialités mutuelles, cette fois entre
laboratoires de recherche et entreprises. D’autre part, d’enrichir
l’évaluation d’un thème de l’éclairage de spécialistes de l’entreprise.
On trouvera en annexe au présent texte :
A. La définition des
profils
d’emplois du point de vue thématique depuis 2001 (MCF : maître de
conférence, PR : professeur) avec le laboratoire d’appartenance
B. La liste des thèmes des séminaires des 6 années d’étude (chaque thème
fait l’objet d’une présentation de 2 pages non jointe au présent dossier.
Chaque entreprise intéressée est invitée à contacter l’AUEG). |